Rencontrez Véronique Delattre et Séverine Krawec

08.03.2018

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Leur point commun ? Un parcours impressionnant dans l’industrie hôtelière. Véronique Delattre, Directrice du Novotel London Tower Bridge et Séverine Krawec, Directrice du Combo Mercure & Pullman à Sotchi en Russie, vous racontent les secrets de leurs carrières internationales.

Déterminées et passionnées, elles n’ont pas hésité à sortir de leur zone de confort pour partir à la rencontre du monde et de ses nombreuses richesses. Engagées, elles ont également à cœur de partager leur savoir avec leur entourage.

Vous êtes toutes les 2 Directrices d'établissement. Pensez-vous qu’il y ait des difficultés, ou au contraire des avantages, à vous imposer en tant que femme dans un environnement de travail majoritairement masculin ?

Véronique, Directrice du Novotel London Tower Bridge :
Il est toujours difficile pour les équipes de voir arriver une nouvelle Directrice. Cela signifie des idées, des ambitions et des projets nouveaux… Il est nécessaire de trouver la bonne façon de les embarquer, et j'ai eu la chance d'avoir des équipes positives et désireuses d'apprendre.

De mon côté, je choisis d'être telle que je suis dans la vie de tous les jours : déterminée, perfectionniste et surtout passionnée.

Séverine, Directrice du Combo Mercure & Pullman à Sotchi en Russie : Je ne pense pas qu’il existe des difficultés à proprement parler, mais il est certain qu'en tant que femme nous rencontrons davantage de challenges. Cela ne m'a cependant jamais empêché d'accomplir mes rêves !

Pourquoi avez-vous souhaité travailler à l'étranger ?  Comment la mobilité internationale est-elle source de satisfaction dans une carrière ?

Véronique J'ai eu envie de me construire différemment, d'être indépendante, proactive, de prendre des risques et d'oser de nouveaux challenges. Ce besoin de voir le monde m'a permis de développer un réseau professionnel me poussant à évoluer et me permettant d'aider les talents qui m'entourent.

Séverine : J'ai souhaité évoluer à l'étranger car j'ai toujours voulu découvrir le monde et ses richesses. Cela offre une ouverture d'esprit incomparable, une remise en question constante car il est nécessaire de s'habituer aux différents pays, leurs coutumes, aux religions, aux lois, etc. Pour ma part, c'est une richesse qui n'a pas de prix.

Vous êtes restées fidèles à AccorHotels… Qu'est-ce qui vous motive au quotidien au sein du Groupe ?

Véronique : Je pense que AccorHotels est un des groupes hôteliers qui se remet le plus en question.

C'est un Groupe qui prend des risques et qui investit dans ses talents en leur laissant une grande liberté d'action et d'expression. Il est très important pour moi que l'on me fasse confiance, que mes compétences soient reconnues et que l'on me propose de nouveaux challenges.

Séverine : J'ai eu la chance d'évoluer chez AccorHotels depuis 1999 ! J'y suis restée fidèle grâce au support des équipes. C'est également l'opportunité de voyager, de découvrir d'autres régions du monde et de participer à de nombreux défis qui me motivent au quotidien.

Pourquoi avoir choisi de changer régulièrement de marque AccorHotels ? 

Véronique : J'ai eu la chance de travailler pour différentes marques dans de nombreux pays. J'ai pu participer à des ouvertures d'hôtels, à des transformations de produits, à des évolutions d'équipes… 
Chaque marque, chaque hôtel et chaque marché est différent. Nous avons tous des affinités distinctes selon nos personnalités mais je ne considère pas qu'une marque soit moins intéressante qu'une autre. 

Séverine : C'est effectivement un plus non négligeable de connaitre toutes (ou presque toutes) les marques du Groupe. Cela permet d'avoir une vision globale de ce que AccorHotels a à offrir. Et cela optimise mon portfolio !

Séverine : De la Russie à la République Tchèque en passant par l'Indonésie… Que de pays, de langues et de cultures totalement différentes. Comment s'est passée l'adaptation ?

Séverine : Cela s'est très bien passé ! Je pense qu'il faut être prêt à quitter son pays. Une fois que l'on est préparé mentalement, tout se passe bien. Partir en Indonésie m'a pris 2 ans : cela a été un projet mûrement réfléchi car cela supposait partir à l'autre bout du monde. Sachant que je n'avais jamais mis les pieds en Asie, ce fut un gros challenge. Mais les challenges me motivent ! La découverte de l'inconnu me fait sortir de ma zone de confort et c'est justement ce que je recherche.

Véronique, vous avez-vous aussi un parcours très impressionnant ! Est-ce que vous diriez que la femme a la même place dans la société partout dans le monde ?

Véronique : Non, ce n'est malheureusement pas le cas. Beaucoup d'employeurs marqués par la mentalité patriarcale et les pratiques héritées du passé continuent d'agir comme si le salaire des femmes n'était qu'un complément dans le budget familial.

Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent dans certains pays mais l'égalité est encore loin d'être atteinte et les situations sont très contrastées d'un pays à l'autre. De plus, les inégalités se creusent avec l'âge, parfois liées à la maternité. Les jeunes mamans sont pénalisées dans leur progression de carrière et leur rémunération, d'autant plus si elles prennent un congé parental.

Où diriez-vous qu'il a été le plus dur de « s'imposer » ?

Véronique : Sincèrement, je dirais la Russie…  mais pas au niveau des équipes !

Effectuer une ouverture sur un combo Pullman/Mercure, dans une société patriarcale où il existe la barrière de la langue ; la pression des Jeux Olympiques, le tout en contrat de management…Ce fut un gros défi ! 3 années intensives, mais qui représentent aujourd'hui mon expérience la plus enrichissante professionnellement et humainement parlant.  

Séverine, que pensez-vous de l'engagement du Groupe envers le mouvement « HeforShe » ?

Séverine : Je suis très fière de promouvoir ce mouvement à mon échelle. Nous avons besoin de plus de femmes ayant des postes à responsabilités. Nous pouvons avoir une vision différente des choses mais nous sommes tout autant capables que les hommes.

Véronique, vous êtes très active dans les programmes de mentoring et de transmission… Avez-vous des initiatives dont vous êtes particulièrement fière ?

Véronique : J'ai eu la chance de trouver mon mentor depuis quelques années. Cela a changé beaucoup de choses dans mon leadership et m'a permis de prendre du recul et de dépasser mes limites. Il est donc important pour moi de pouvoir retransmettre ce que j'ai reçu toutes ces années…   

Je suis toujours extrêmement fière lorsque je vois des talents accepter de nouveaux challenges et se remettre en question. Lorsque je reçois des messages d’encouragements et de remerciements, je me dis que cela vaut la peine de continuer. 

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