Les bâtiments durables poussent comme des champignons

25.07.2017

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Les villes représentent 70 % des émissions de gaz à effet de serre*, et seulement 2 % du territoire occupé. Il y a donc urgence à imaginer des bâtiments durables, c’est-à-dire dont la construction ou la rénovation sont les plus respectueuses possibles de l’environnement.

En Ecosse, les 500 habitants du village de Findhorn ont construit dès les années 1980 une centaine de maisons neutres en matière d’émission de gaz à effet de serre. Les eaux usées sont traitées avec des bactéries et des plantes, l’énergie est produite avec des éoliennes et l’eau est chauffée à l’énergie solaire. De quoi inspirer les architectes ! On estime que le secteur du bâtiment dans son ensemble est responsable de 50 % de la consommation énergétique d’un pays développé. Forts de ce constat, des professionnels, de plus en plus nombreux, planchent sur des projets de bâtiments durables. 

« Que la Terre fasse pousser nos maisons »

En Europe tout d’abord, les exemples de bâtiments autonomes sur le plan énergétique sont désormais légion. 
A Lyon en France, un quartier nommé Hikari produit plus d’énergie qu’il n’en utilise. Le surplus est redistribué selon les besoins : l’énergie produite dans les bureaux pendant la nuit, alors vides, est renvoyée vers les logements qui en ont besoin. Des capteurs sont placés à l’intérieur des bâtiments pour mesurer la température et la présence d’individus pour s’adapter aux besoins en temps réel. A Heidelberg, en Allemagne, un quartier sera lui aussi bientôt doté de deux bâtiments durables. Leurs façades et leurs toits seront recouverts de panneaux solaires pour les approvisionner en énergie, et de végétaux pour limiter les températures excessives. Vincent Callebaut, l’architecte belge à l’origine du projet « Paris Smart City 2050 », est allé jusqu’à imaginer une tour Montparnasse recouverte d’une façade en bioréacteur d’algues vertes, capables de se nourrir de déchets pour produire de l’énergie. Un « Central Park vertical », selon ses mots !
 
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Ailleurs, des bâtiments se construisent avec des matériaux respectueux de l’environnement. A Vienne, la capitale autrichienne, le plus grand gratte-ciel en bois du monde est en train de sortir de terre. La tour de 24 étages, surnommée « hoHo », abritera un hôtel, des appartements, un restaurant, des bureaux ainsi qu’un centre de bien-être. Elle sera fabriquée à 75 % en bois (le reste en acier et en béton), pour la simple et bonne raison qu’à ce jour, les normes de construction interdisent de réaliser un immeuble de plus de quinze étages uniquement en bois. L’architecte canadien Michael Green, l’un des plus ardents défenseurs des constructions urbaines écologiques, expliquait lors d’une conférence Ted en 2013 : « Nous avons pour principe que la Terre fasse pousser notre nourriture. Au XXIème siècle, nous aurons besoin que la Terre fasse pousser nos maisons ». Plusieurs villes dans le monde, de Melbourne à Québec en passant par Bergen en Norvège, érigent à leur tour des gratte-ciels en bois. 
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Une tour « vivante »

Toujours dans un esprit de plus grande durabilité, certains bâtiments ont créé leur propre écosystème. A Singapour, une cité-Etat particulièrement dense, a surgi l'étonnant Oasia Hotel. Une tour de 27 étages et 190 m de haut, qui abrite 314 chambres et 100 bureaux. Trente-trois espèces d’arbres ont été plantées sur les terrasses, si bien que la tour semble « vivante » aux yeux de ses occupants, « comme un arbre accueillant une diversité de flore qui attire un large éventail d’insectes et d’oiseaux ». Tels que des papillons, des abeilles et des écureuils. Phua Hong Wei, associé du cabinet d’architecture Woha,  explique avoir « voulu apporter de la nature à la ville, à la fois verticalement et horizontalement, à travers les jardins en hauteur, les terrasses et les plantes placées autour de l’immeuble ».
 
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Les idées ne manquent pas pour édifier des immeubles, des quartiers, voire des communes entières durables. A Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis, au beau milieu du désert, l’éco-cité de Masdar (« source » en arabe) devrait être la première ville entièrement écologique au monde, avec une stratégie du 0 déchet, 0 carbone et 100 % d’énergie renouvelable. Le projet reste inachevé en raison de la crise économique, mais il sert de laboratoire pour tester et améliorer les innovations qui feront les villes de demain.

Dans les pays en voie de développement également, des bâtiments durables commencent à s’ériger. Au Caire en Egypte, The Gate Residence comptera un tiers de surface verte, non construite. Doté de 1 000 appartements, l’ensemble verra son toit transformé en un immense potager communautaire, recouvert d’une canopée solaire qui produira l’énergie pour éclairer les parties communes. L’air chaud passera sous terre, où il sera refroidi naturellement, permettant ainsi de se passer de climatisation mécanique. A des milliers de kilomètres de là, près de New Delhi en Inde, six tours-arbres de 36 étages baptisées « Hypérion » seront construites en bois et recouvertes de jardins maraichers d’ici 2020. Sur les balcons pousseront des serres hydroponiques pour cultiver des fruits et légumes, ainsi que des piscicultures bios pour élever des poissons, des crustacés et des mollusques. Côté énergie, l’électricité sera fournie grâce à des éoliennes et le chauffage sera produit via des panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, qui enroberont les façades des tours. 

Enfin dans un tout autre registre, bien moins luxueux, certains bâtiments s’avèrent désormais à la fois écologiques et économiques. Ainsi, le Solar Hôtel, un établissement entrée de gamme situé à Paris, s’est doté de panneaux solaires pour l’éclairage des façades et de récupérateurs d’eau pour l’arrosage. Il affiche des conseils d’économies d’énergie pour ses clients, facilite le tri des déchets, recycle ses matériaux et utilise de la peinture sans solvant. Preuve que le low-cost aussi peut être durable !

AccorHotels : vers des bâtiments bas carbone et basse consommation

Pour contribuer à la réduction massive des émissions mondiales de gaz à effet de serre, AccorHotels a engagé la transition de son parc hôtelier. Et se fixe trois objectifs majeurs, dans le cadre de son programme de développement durable Planet 21.

Premier objectif : le Groupe s’engage d’ici à 2020 à ce que tous les projets de construction et de rénovation d’hôtels soient bas carbone. Cela exige notamment d’innover dans les matériaux de construction. Ceux-ci doivent être les plus économes possible en carbone lors de leur fabrication et recyclables en fin de vie. Le bois, par exemple, est particulièrement vertueux. Réduire l’empreinte carbone de ses bâtiments implique d’engager fortement les hôtels du Groupe dans la transition énergétique, notamment en trouvant des solutions technologiques innovantes.

C’est dans cette perspective que le Groupe a noué un partenariat avec Energy Observer, un catamaran transformé en laboratoire des énergies décarbonées du futur. Propulsé par des moteurs électriques, ce navire à hydrogène fait appel à une chaîne de production énergétique très innovante pour couvrir ses besoins. Certaines de ces technologies seront mises en place dans les hôtels du Groupe afin de réduire toujours plus leur empreinte.

Pour atteindre l'objectif fixé à 2020, AccorHotels, membre fondateur de l'association BBCA, a contribué à l'élaboration du référentiel Bâtiment Bas Carbone pour ouvrir son champ d'application à la construction neuve d'hôtels. En avril 2017, AccorInvest a lancé le chantier du premier hôtel labellisé BBCA. L'établissement de la marque JO&JOE, situé près de la cité Universitaire de Paris à Gentilly, sera doté d'un grand jardin intérieur et de terrasses végétalisées. La superstructure sera en bois lamellé collé, l'architecture énergétique et digitale laissera une large place à l'innovation et les méthodologies s'inspireront de l'industrie, permettant de réduire le délai du chantier à 13 mois et d'en diminuer les nuisances.
 
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Deuxième objectif : d’ici 2018, AccorHotels s’engage notamment à réduire sa consommation d’énergie par chambre et d’eau par client de 5 % (hôtels filiales et managés). Avec les efforts entrepris, la consommation d’énergie par chambre a déjà reculé de 2,4% en un an. La baisse de la consommation d’eau est aussi significative : - 1,8% en un an. Pour la période 2016-2018, un plan Eau & Carbone a été adopté : il prévoit d’optimiser les installations, de généraliser les ‘quick win’ et de mettre en place des outils de pilotage beaucoup plus fins ainsi qu’un pilotage carbone dans les hôtels. 

Troisième objectif : d’ici 2020, 65 % des déchets d’exploitation des hôtels seront valorisés. L’enjeu est de limiter la mise en décharge aux résidus ultimes afin de ne pas polluer les sols, les nappes phréatiques et les eaux de surface, de limiter l’incinération des déchets pour éviter les émissions atmosphériques polluantes et de contribuer au développement de l’économie circulaire en donnant une seconde vie à ses produits. 

Le Groupe donne également un coup d’accélérateur aux énergies renouvelables. Depuis sa rénovation, le Novotel Lausanne Bussigny en Suisse a vu sa façade isolée, et son toit engazonné pour offrir une meilleure isolation thermique et pour récupérer la chaleur perdue afin de produire de l’eau chaude sanitaire. Cette solution assure 70 % des besoins en eau chaude en été et 20 % en hiver. Le complexe Sydney Olympic Park s’est doté de 140 panneaux solaires pour chauffer l’eau et de 300 panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité. Et le Sofitel The Palm Dubai a été conçu sous le signe de l’efficacité énergétique, avec des toits en tuiles (un matériau isolant et réfléchissant les rayons du soleil), des doubles vitrages, une climatisation économe en énergie, un système de récupération de chaleur, un détecteur de présence pour l’éclairage des couloirs, et 530 m2 de panneaux solaires couvrant 45 % des besoins en eau chaude sanitaire.
 
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La conversion vers des bâtiments durables sera donc nécessairement progressive. Mais elle est bel et bien lancée !








*D’après l’Agence des Nations Unies pour le développement urbain
 

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